En s’appuyant sur les données des agences régionales de santé, qui indiquent qu’en 2021, 20 % des Français, soit 12 millions de personnes, ont été confrontés, de manière occasionnelle ou régulière, à une eau du robinet dépassant les seuils autorisés en pesticides et métabolites, le journal Le Monde a jeté un pavé dans la mare.
Dès le printemps 2021, l’UFC-Que Choisir, via sa carte interactive de l’eau, dénonçait la présence de pesticides dans l’eau potable ainsi que les graves carences des réglementations locales et des mesures de gestion.
Hasard du calendrier, l’alerte du quotidien Le Monde est survenue au lendemain de la publication d’une tribune signée par pas moins de 80 associations, dont l’UFC-Que Choisir, appelant, au nom du principe de précaution et de l’intérêt supérieur de la santé environnementale, à une sortie des pesticides et plus largement à une transition agricole vers un modèle plus respectueux de l’environnement et plus résilient.
Ce collectif a interpellé le Premier ministre ainsi que l’ensemble des parlementaires pour qu’ils se saisissent enfin du sujet. Car nous ne pourrons pas dire à nos enfants que nous ne savions pas !
Pétition
Pour une eau du robinet garantie sans pesticides !
Publié le : 19/04/2021
Alors que seulement 206 pesticides sont recherchés en moyenne dans l’eau potable, alors qu’il en existe plus de 750 dans la nature, nous demandons au ministère de la Santé de garantir une eau du robinet sans pesticides en augmentant de manière significative la recherche de ces substances nocives.
Pétition
Pour une eau du robinet garantie sans pesticides !
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Plus de 750 molécules de pesticides différentes dans la nature
Les pesticides sont la première cause de dépassement des normes de qualité définies pour l’eau du robinet en France. Mais alors que plus de 750 molécules de pesticides et leurs dérivés peuvent potentiellement se retrouver dans l’eau potable, seules 206 sont recherchées en moyenne sur le territoire français dans le cadre des analyses officielles effectuées pour les Agences Régionales de Santé (ARS).
Seulement 12 pesticides recherchés en moyenne dans l’Aisne contre 609 dans le Var !
Mais cette moyenne cache de fortes disparités locales : la liste des molécules recherchées est définie par chaque ARS selon les spécificités locales, notamment agricoles. Notre enquête sur les analyses officielles révèle que dans près de vingt départements, le spectre d’analyse est clairement insuffisant pour garantir aux consommateurs une absence de pesticides au-delà des seuils autorisés. Le département de l’Aisne se distingue avec le plus faible nombre de substances recherchées : seulement 12 molécules en moyenne, soit 50 fois moins que dans le Var où l’on en recherche 609 !
De l’eau avec pesticides bue par 450 000 consommateurs… voire bien plus
Alors que près de 450 000 consommateurs boivent une eau non conforme à ce critère, le très faible nombre de molécules recherchées dans de nombreux départements français laisse craindre que cette proportion soit en réalité bien plus élevée.
Afin de garantir une eau véritablement exempte de pesticides et de limiter l’exposition des consommateurs à ces molécules particulièrement nocives, nous demandons au ministère de la Santé de définir un nombre minimum et une nature précise de pesticides à analyser.
La qualité de l’eau potable n’est pas négociable !
Signez la pétition et faites-la circuler, nous avons besoin de vous !
Pétition lancée à l’initiative de l’UFC-Que Choisir et de Générations Futures
Qualité de l’eau du robinet en France
L’appel (e) au secours de l’UFC-Que Choisir
Publié le : 19/03/2012
RÉSUMÉ
- Les pesticides et les nitrates inondent les cultures… mais aussi l’eau du robinet
- L’agriculture : un pollueur récidiviste
- Traitement de l’eau et contamination naturelle : des défauts de réglage à la marge…
Au lendemain du Forum mondial de l’eau de Marseille sur l’accès aux ressources aquatiques et à la veille de la Journée mondiale de l’eau, l’UFC-Que Choisir rend publique aujourd’hui une analyse préoccupante de la qualité de l’eau du robinet distribuée en France(1).
Alors que 97,5 % des Français disposent toute l’année d’une eau de bonne qualité, près de deux millions de consommateurs paient pourtant pour une eau non conforme aux critères réglementaires. Le cocktail des principaux polluants détectés (pesticides, nitrates, sélénium) souligne les menaces graves que fait peser la pression agricole sur la ressource.
LES PESTICIDES ET NITRATES INONDENT LES CULTURES… MAIS AUSSI L’EAU DU ROBINET
Plus d’un million de consommateurs reçoivent une eau contaminée par des pesticides, des nitrates et du sélénium. Les départements les plus touchés se trouvent dans les zones d’agriculture intensive : le Bassin parisien (Eure-et-Loir, Loiret, Seine-et-Marne, Yonne), le Nord et la Champagne (Pas-de-Calais, Marne, Aube).
L’AGRICULTURE : UN POLLUEUR RÉCIDIVISTE
Loin d’être isolé, le problème de la pollution agricole est structurel. L’utilisation des pesticides n’a pas diminué depuis 10 ans. En cause, un renversement du principe pollueur-payeur. Alors que l’agriculture est responsable de la pollution par les nitrates et les pesticides à hauteur respectivement de 74 % et 90 %, ce sont les consommateurs qui supportent l’essentiel de la facture (près de 90 %) via la redevance pollution. Au final, la pollution agricole génère un surcoût annuel de la facture d’eau d’au moins 640 à 1 140 millions d’euros, soit de 7 % à 12 % de la facture d’eau des foyers français(2).
TRAITEMENT DE L’EAU ET CONTAMINATION NATURELLE : DES DÉFAUTS DE RÉGLAGE À LA MARGE…
La contamination liée à l’absence de traitement (qualité bactériologique, aluminium) et à la contamination naturelle (radioactivité) est bien moins marquée. Bien qu’elle ne représente que 31 % des pollutions de l’eau, elle touche néanmoins 1 500 communes et 500 000 consommateurs. Les associations locales de l’UFC-Que Choisir sont donc intervenues auprès des maires des communes concernées pour leur demander de prendre sans délai des mesures d’information et de traitement des non-conformités.
La question de la qualité de l’eau est essentielle, tant du point de vue du pouvoir d’achat que de l’environnement. Il faut en effet rappeler que, comparée à l’eau en bouteille, l’eau du robinet sort grande gagnante. Elle est de qualité équivalente, jusqu’à 130 fois moins chère que sa rivale en bouteille plastique et contribue près de 1 000 fois moins à l’effet de serre(3).
L’UFC-Que Choisir ne peut plus tolérer le recours à des mesures palliatives où l’eau polluée est diluée avec de l’eau conforme, ni encourager la fuite en avant consistant à forer toujours plus de captages. Pour que la pollution agricole soit stoppée à la source, l’UFC-Que Choisir demande aux pouvoirs publics nationaux et européens :
Une protection effective de tous les captages ;
L’application du principe constitutionnel du pollueur-payeur dans le domaine de la pollution agricole pour dissuader les pratiques polluantes ;
Que les aides de la Politique Agricole Commune (PAC) soient réservées aux modes de production inspirés des principes de l’agriculture intégrée et biologique.
Déterminée à informer les consommateurs sur la qualité de leur eau du robinet et sur les bons gestes en matière d’eau potable, l’association a mis en ligne sur son site les résultats, commune par commune, de ses relevés.
Source : https://www.quechoisir.org/billet-du-president-pesticides-eau-secours-n103340/
