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Demande De Renvoi Dans L’affaire Du Chlordécone : Marcellin Nadeau Dénonce « un scandale judiciaire »

Le député de Martinique est revenu sur le non-lieu demandé par le parquet de Paris dans l’affaire du chlordécone. En réponse, le ministre délégué chargé des Outre-mer a souligné l’indépendance de la justice et défendu le bilan du gouvernement.

Jeanne Peru-Gelly • Publié le 6 décembre 2022 à 17h33, mis à jour le 6 décembre 2022 à 18h01

Le député de la 2e circonscription de Martinique, Marcellin Nadeau, a évoqué la pollution au chlordécone lors des questions au gouvernement le mardi 6 décembre, ainsi que le non-lieu recommandé par le parquet de Paris le 24 novembre.

« Il est clair que c’est aussi et désormais un scandale judiciaire », a tonné le député Nupes, rappelant que le 24 novembre, le parquet de Paris avait demandé un non-lieu après 16 ans d’enquête sur ce pesticide qui empoisonne les Antilles. Alors que le chlordécone était interdit en France en 1990, l’État français, pourtant conscient des risques, a accordé une dérogation pendant plusieurs années aux producteurs de bananes antillais, victimes du charançon.

Le ministère public, donc le gouvernement, prône le silence et l’impunité.

Marcellin Nadeau, député de Martinique.

« Le cercle est donc bouclé. La justice ne peut pas condamner l’État, et l’État demande à la justice d’absoudre les différentes personnes responsables de ce crime d’empoisonnement », estime le député, qui dénonce le « mépris » à l’égard « des peuples empoisonnés de Martinique et de Guadeloupe ».

Mépris ou justice indépendante ?

« Ce n’est pas une décision judiciaire définitive, mais un réquisitoire d’un procureur de la République », a corrigé en réponse le ministre délégué chargé des Outre-mer, Jean-François Carenco, avant d’insister sur l’indépendance de la justice. « Arrêtons les polémiques inutiles, » a-t-il ajouté.

Ce gouvernement ne contrôle pas les positions de la justice et nous respectons l’indépendance de la justice.

Jean-François Carenco, ministre délégué chargé des Outre-mer

De la reconnaissance du cancer de la prostate comme maladie professionnelle aux analyses gratuites du taux de chlordécone dans le sang de la population, en passant par les tests de contamination des sols, le ministre a passé en revue les avancées du dossier depuis l’élection d’Emmanuel Macron, premier président à reconnaître la responsabilité de l’État dans la pollution au chlordécone.

Un colloque scientifique dédié au chlordécone se tiendra la semaine prochaine en Guadeloupe et en Martinique.

Du mardi 6 décembre, et du non-lieu du parquet de Paris le 24 novembre.

« Il est clair que c’est aussi et désormais un scandale judiciaire », a tonné le député Nupes, rappelant que le 24…

Source : https://la1ere.francetvinfo.fr/demande-de-non-lieu-dans-l-affaire-du-chlordecone-marcellin-nadeau-denonce-un-scandale-judiciaire-1346940.html

Des études confirment que le chlordécone a des effets sur notre santé

chlordécone

© Martinique1ere

Les méfaits du chlordécone sur la santé sont déjà connus, mais il est possible d’apprendre de nouvelles mauvaises nouvelles à l’avenir. La molécule est un perturbateur endocrinien, c’est-à-dire qu’elle est susceptible d’avoir des effets sur le corps, mais aussi sur le cerveau des enfants.

Cecile Marre • Publié le 19 janvier 2018 à 11h33, mis à jour le 1er mars 2019 à 10h40

Dans ce domaine, une chercheuse a beaucoup travaillé en Europe et aux États-Unis. Elle s’appelle Barbara Demeneix et elle est l’une des plus grandes expertes mondiales des perturbateurs endocriniens.

Un perturbateur endocrinien

Elle a prouvé l’impact de ces perturbateurs sur le fonctionnement de la thyroïde et s’est intéressée dans ses recherches aux conséquences des pesticides sur le cerveau des enfants, via leurs mères enceintes. Le chlordécone est cependant un perturbateur endocrinien. Il a été reconnu comme tel par l’OMS (Organisation mondiale de la santé) en 2012.

Aux États-Unis, certaines régions exposées aux pesticides et identifiées dans les travaux de Barbara Demeneix rapportent une explosion du nombre de cas d’autisme, jusqu’à 600 %. Où en est-on en Martinique ? Difficile à dire, car il n’y a pas de surveillance épidémiologique en Martinique, comme c’est le cas en France.

(Re)voir le reportage :

© martinique